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Angry-Citizen
Un blog très politique et un peu moqueur.
Actu | Associatif | Culture | politique | 11.12.2015 - 19 h 37 | 0 COMMENTAIRES
Je Ne Vote Pas. Pourquoi ? [par DanyCaligula]
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Le très politique (et mignon) vidéaste DanyCaligula faisait paraître ce soir une vidéo sur la motivation de certains abstentionnistes. Je me retrouve absolument dans ces propos, donc j’aimerais vous faire découvrir cette vidéo.

DanyCaligula est un jeune podcasteur qui propose des vidéos sur la philosophie, spinoziste et admirateur de Bourdieu, il parle de sexualité, de mariage, de démocratie, de nourriture. Avec l’aide de références populaires et des grands penseurs des 3000 dernières années, il analyse notre monde moderne.
Une vidéo sort ce soir sur le « pourquoi » de l’abstention de certains jeunes. J’ai 23 ans et je me reconnais complètement dans ces propos. Je vous offre donc cette analyse qui me paraît pertinente.

Bonus : 

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J’aimerais demander aux journalistes qu’ils arrêtent d’interroger les abstentionnistes sur la personne pour qu’ils voteraient s’ils y étaient contraints. La question est stupide, il s’agit pratiquement de forcer les abstentionnistes au vote par un sondage. De plus cette question ne questionne pas l’abstention et l’acte de voter mais recentre les questions autours des candidats, comme si la politique c’était Hollande, Sarkozy, Le Pen et Mélenchon et c’est tout.
L’absence de vote possède un sens profond, celui de ne pas se reconnaître dans la forme de la démocratie représentative.

Actu | Associatif | Culture | 02.12.2015 - 21 h 25 | 2 COMMENTAIRES
Les Régionales : Vote OU Démocratie ?
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Il semble que les élections qui approchent autorisent les cerveaux les plus « faits-cons » aux plus nombreux contre-sens. Si vous n’allez pas voter, vous serez un « mauvais citoyen », « un petit con », un « ignorant », un citoyen « passif ». Vous ferez « le jeu du Front National » et des « extrêmes ». Un défilé de termes injurieux, une ribambelles d’expressions qui démembre avec un sourire satisfait, toutes les analyses sur notre système politique sans la moindre réflexion.
J’aimerais ici, une fois encore, faire la démonstration de ce que le vote, le processus que l’on sacralise comme un nouveau divin est un mirage, bien plus qu’un phare.

Faire « le jeu du Front National » : c’est mettre un bulletin dans l’urne.
Peut-on tenir les abstentionnistes pour responsable de la montée de l’extrême-droite en France ? Il me semble qu’il s’agit d’une question de point de vue. Le FN, comme tous les partis, passent par la voie de l’élection pour valider sa légitimité dans l’espace public. Or, une abstention n’est pas un vote blanc. Un vote blanc délégitime tous les partis mais pas le vote. Une abstention, délégitime le processus du vote. Par conséquent, l’abstention délégitime la méthode d’accès au pouvoir et ses acteurs. On comprends alors la force d’une abstention. On ne reconnait ni l’accès au pouvoir du FN comme légitime, ni le FN.
En revanche, un bulletin dans l’urne, c’est un autre message qu’on porte, et ceci peu importe le parti. Chaque vote est une reconnaissance du vote comme un processus démocratique, dès lors on admet que le vainqueur de l’élection sera légitime, même s’il s’agit du FN. Par conséquent, et selon cette logique, le vote, peu importe le vainqueur, donne du pouvoir à celui-ci. Faire « le jeu du Front National » c’est reconnaître sa légitimité, c’est voter, et ainsi donner de la valeur à l’élection.

Le Vote Est-Il Un Processus Démocratique ? : Penser Un Renouveau Politique
Dans « Discours de la Servitude Volontaire », La Boétie dit ceci : « Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. »
Lors du processus de vote, vous fournissez votre pouvoir politique à un candidat. C’est le poids des citoyens votant pour lui qui donnera à l’homme politique son pouvoir sur les citoyens. C’est ici, que l’on découvre la scène du crime. Dès lors que votre homme politique possède un pouvoir sur vous, il est votre maître. L’homme politique n’est pas un serviteur du peuple mais un maître, qui dirige librement ces sujets, nous. Il peut s’il veut, ne suivre aucune de ses promesses électorales, et durant 5 ans, il aura toutes les latitudes à agir ainsi. Il peut, par exemple, nommer une ministre qui couvrira une affaire d’évasion fiscal. Il est le maître et par conséquent, il est libre d’agir contre l’intérêt de ces sujets.
Plus que théorique, cette analyse trouve des applications pratiques. Les non-réponses de Rachida Dati à Elise Lucet pour un épisode de Cash Investigation dans une affaire de fraude aux marchés publics dénote d’une irresponsabilité à l’égard des citoyens. Un serviteur du peuple aurait l’obligation de répondre de ces accusations. La Loi Renseignement critiquée par la totalité des associations civiles est un autre exemple.
La question de savoir si nous voulons des serviteurs ou des maîtres à la tête de l’Etat est une question capitale. Car dans une « démocratie », le pouvoir revient au peuple, et uniquement au peuple. Par conséquent, un démocrate veut un serviteur à la tête de son Etat. Si vous êtes contre ce principe, alors vous n’êtes pas démocrate. Vous êtes, dès lors, pour « l’oligarchie élective », c’est-à-dire, le gouvernement de quelques élus. Le vote est un processus démocratiquement vicié, en cela qu’il produit des maîtres pour les citoyens réduit à l’état de simple sujet.

Devenir Un Citoyen : La Liberté Comme Processus.
Bien qu’il soit le fondement de notre régime soi-disant « démocratique » le vote possède d’énormes lacunes. Il nomme des maîtres pour le peuple, comme nous l’avons dit, mais pas seulement. Le vote est un processus de réflexion individuel. Le nom des cabines « des isoloirs » en dit long sur ce qu’on fait lorsqu’on vote. On vote individuellement, de manière individuelle, pour des intérêts individuelles. Beaucoup d’homosexuels votèrent pour Hollande car il avait promis le mariage, sans prendre en compte la catastrophe que serait une politique toujours plus néolibérale au pouvoir.
Nous votons pour nos petits intérêts personnels, baisses d’impôts pour les uns, mariage pour les autres, plus de sécurité pour les uns, plus de parkings pour les autres.
L’exemple flagrant est toujours celui du Mariage Pour Tous. Il est évident que dès lors que le mariage est laïque, les homosexuels doivent y avoir accès. Mais cette démonstration peut-être bien fondée, elle reste violente pour la personne d’extraction catholique traditionnaliste. Que cette violence soit fondée ou non n’àa pas d’importance, elle existe. Et faire l’économie de penser cette violence, est déjà une lacune. Les homosexuels votèrent pour le mariage, les catholiques traditionnels votèrent contre. Les uns et les autres parlaient aux gouvernements mais entre eux, pas la moindre tentative de dialogue.
Nous supposons les individus libres, quand ils votent. Ceci est une fiction. Spinoza et de nombreux auteurs l’écrivent, on devient libre par la connaissance. On ne nait pas femme, on le devient, et on ne nait pas libre, on le devient. La liberté est un processus. Dès lors, quel poids donnons-nous au vote d’un citoyen-individu qui s’isole et vote égoïstement ? Dont le vote apparaitra comme une violence à une communauté ou une autre ? Le livre du biologiste Jacques Testart, « L’humanitude au pouvoir » démontre qu’il est possible lors de conférence citoyenne de créer une réflexion commune, il nomme cela un « cerveau commun ». Les citoyens, après quelques heures ou quelques jours, finissent par abandonner leurs égoïsmes et recherchent ensemble le bien commun. Durant ce processus, les citoyens intègrent la violence que les autres subissent.

Un Vrai Citoyen, C’est Quoi ? : Pour Une Vraie Démocratie
Voir le vote comme un moyen d’expression, c’est voir la société comme une somme d’individu. Or, la société est une somme d’individu, et la somme des interactions entre ces individus. Tout comme cette première définition est incomplète, le vote est incomplet. La démocratie et le vote sont des choses différentes, par conséquent la démocratie ne peut s’appuyer sur cet unique processus.
Les conférences de citoyens dont Jacques Testart ou David Van Reybrouck font l’éloge dans leurs ouvrages respectifs sont des pistes intéressantes. La question de la sanction des élus qui ne tiennent pas les promesses électorales ou abusent de leur position pourraient faire l’objet de référendums révocatoires. Des commissions de contrôle des élus pourraient par exemple s’assurer que les comptes des élus soient justes et qu’ils ne fraudent pas. Les ministres ayant couvert, pour certains, les fraudes fiscales des collèges.

Je n’irai pas voter dimanche. Le vote n’est pas la démocratie, et n’est pas suffisant. La démocratie réclame, aujourd’hui, d’autres outils. Je ne ferais pas le jeu du Front National, je ne ferai le jeu d’aucun parti. Le vote est un cache-sexe, une illusion. En 2017, vous aurez le choix, entre la droite, la droite et l’extrême droite. Ce n’est pas un choix. Vous voulez changer les choses ? Réclamez plus, réclamez d’être des citoyens et pas des sujets, des maîtres et non des esclaves, des acteurs et non des spectateurs.

 

(Article en correction)

Actu | Culture | politique | 15.11.2015 - 18 h 27 | 3 COMMENTAIRES
Loi Renseignement : La faille ?
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Le 24 Juillet 2015, la loi Renseignement fut promulguée par le gouvernement français. Le but était de réduire le nombre d’attentat par la prévention et la surveillance de masse de la population. Vendredi 13 Novembre, six attentats eurent lieux simultanément dans la capitale française.

« La Loi Renseignement est encore en rodage. » selon LesEchos.fr
Selon l’article du site LesEchos.fr, la Loi Renseignement est déjà en place, mais une partie des mesures n’est pas encore opérationnelles, ce qui explique, d’après l’article, que la loi ne soit pas infaillible. Une explication qui peut-être entendu de plusieurs façons.
La première est aussi la plus évidente. Les mesures inclues dans la loi, comme « les boîtes noires », les logiciels espions ou encore les IMSI-C, sont des mesures coûteuses en temps et en argent. Il serait donc logique que, en quatre mois, la loi n’est pas encore atteint sa productivité maximale. Mais ce « rodage » pourrait déjà être un aveux d’échec de la Loi Renseignement.
Car, la deuxième explication de l’échec de cette loi devant les attentats du 13 Novembre est que jamais elle ne sera opérationnelle. L’État français est en guerre avec l’état islamique, mais surtout il est criblée de dette. Constatons les chiffres le fameux programmes de surveillance de masse PRISM, d’après la New America Foundation. Entre 2001 et 2013 le programme qui coûtait environ 20 millions par an, n’a permis qu’une seule condamnation sur 227. La France n’investira jamais 20 millions dans le fonctionnement de sa loi, par conséquent cette loi ne sera jamais opérationnelle.
S’ajoute aux coûts, le fait que les fameux algorithmes qui analysent les connexions et les flux sont faillibles. Ces algorithmes qui sondent le monde des internets sont comme les sondages, il possèdent une marge d’erreur. Certains évaluent cette marge d’erreur pour les meilleurs algorithmes à 2%. La France n’ayant encore une fois, pas les budgets pour fournir des algorithmes de la meilleur facture, on peut aisément dire que la marge d’erreur est déjà supérieur à 2%. Encore une fois, la productivité de la loi s’en trouve réduite.

Il est probable que les terroristes contournent cette surveillance.
S’en remettre aux algorithmes comme le fait la loi est une erreur. Ces programmes qui analysent vos flux sont imparfaits car ils n’analyseront jamais ceux des terroristes. Certaines programmes permettent d’éviter les algorithmes notamment les méthodes de chiffrement des courriels. Par conséquent, un terroriste ayant des intentions véritablement belliqueuses ne sera jamais saisi par la Loi Renseignement et ces stupides boites noires.
Par conséquent, cette loi utilise vos impôts pour analyser vos films pornographiques plutôt que les emails des terroristes. Pas étonnant, dès lors, que la CNIL eut été critique avec le projet.

Lors du vote à l’Assemblée Nationale nous avions dit que cette loi était dangereuse pour les libertés mais aussi inefficace. Nous avions dit aussi, que cette loi n’empêcherait pas les attentats. La surveillance de masse des populations n’empêche jamais les attentats. Il y avait des centaines d’autres mesures à mettre en place mais les élus, vos élus ont tous voté une loi qui n’a rien changer, rien stopper, rien n’empêcher.
Nous payons aujourd’hui, le prix des erreurs de nos représentants. Ils décrivaient cette loi comme la loi qui réduirait drastiquement le risque terroriste. Aujourd’hui nous payons le prix de leur échec, de leur erreur à tous. Il faut abrogé cette loi débile et prendre des mesures de raison, efficaces et intelligentes.

«  Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »
Benjamin Franklin

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Contrairement à la plupart d’entre-vous, je ne suis pas triste mais en colère. La colère d’une personne qui savait que les mesures prises après Charlie Hebdo étaient stupides, voir néfastes, et qui l’avait dit. Aujourd’hui, j’ai l’impression de ne pas avoir crier assez fort pour que les gens entendent mes cris. Et désormais, ces gens pleurent…
Toutes les balles et les bombes du monde ne suffiront pas à combattre l’Etat islamique et leurs soldats. On ne combat pas des idées avec des armes mais avec des idées gorgées d’émotions. Ils sont prêt à mourir pour leurs idées, combien d’entre-nous, en revanche, sont prêt à mourir pour la démocratie ? Pour la liberté ? Pour l’égalité ? Et la fraternité ?
Vos larmes sont inutiles, les gens sont morts. Désormais, ceux sont les prochains attentats qu’il faut stopper. Les gens qui peuvent encore être sauver doivent l’être. Cela, je pense, est faisable pour parti. Mais ne croyez pas que notre pays est, pour le moment, en état de le faire, et tous les états d’urgences du monde n’y pourront rien. Si nous ne relevons pas la tête, alors nous ne pourrons pas regarder nos ennemis en face. Car nous n’avons plus d’idées et d’idéaux, nous ne sommes plus prêt à mourir pour nos valeurs et nos espoirs.
Ce qui est triste ce n’est pas de mourir pour une idée, mais de mourir pour les idées d’un autre.

Ce dernier mot est à vocation thérapeutique, pour moi.
Et pour ceux qui comme moi, sont entre l’émotion et l’analyse froide de la situation. 

Actu | Culture | politique | 25.09.2015 - 01 h 41 | 0 COMMENTAIRES
Écolo-Groen propose une Commission composée à moitié de citoyens tirés au sort [lavenir.net]
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En Belgique, le député Écolo Gilles Vanden Burre a annoncé que son groupe parlementaire allait prochainement déposer une proposition à la Chambre visant à créer une Commission de réflexion du système démocratique.

«Nous proposons que cette Commission de réflexion sur le système démocratique soit composée à 50% de parlementaires et à 50% de citoyens tirés au sort», a indiqué le député, qui s’est également dit favorable à la mise en place d’initiatives citoyennes permettant d’aboutir à des propositions de loi ou encore à l’instauration de budgets participatifs. La présidente du Sénat Christine Defraigne (MR) lui a suggéré d’inclure la Haute assemblée dans la proposition de constitution de cette Commission de réflexion. «Ainsi, vous aurez également les représentants des entités fédérées», a-t-elle fait valoir.

Les élus participants au colloque ont dans l’ensemble défendu le système de démocratie représentative, moyennant certaines modifications.

«Dire que la démocratie représentative est à bout de souffle me semble excessif», a défendu le député cdH Francis Delpérée. «Elle peut être corrigée, améliorée, mais certaines constantes doivent être préservées, dont les élections.» M. Delpérée s’est prononcé contre l’idée de tirer les membres du Sénat au sort. «Quel est encore le vrai pouvoir du Sénat?», s’est-il interrogé. «Jouer au Lotto pour ne rien gagner n’a pas de sens.»

Le député wallon Christophe Collignon (PS) a de son côté rappelé la création d’une Commission parlementaire «renouveau démocratique». «L’ambition est notamment d’introduire la consultation populaire régionale d’ici la fin de la législature», a-t-il expliqué. Selon lui, cette Commission doit se pencher sur trois axes: l’imposition d’un sujet à l’agenda du Parlement moyennant un nombre de pétitionnaires à définir, la réforme du système électoral et la question des cumuls et conflits d’intérêts.

Le député MR Richard Miller a rappelé pour sa part que le Premier ministre Charles Michel (MR) s’était montré favorable à une réflexion sur la démocratie participative et délibérative, lors de son discours donné à la faculté de science politique à l’Université Catholique de Louvain (UCL). Le député libéral a également exprimé le souhait que le débat mené mardi au Sénat ait une suite lors de travaux à la Chambre.

L’article d’origine est disponible, ici.

Actu | Associatif | Culture | politique | 19.09.2015 - 16 h 57 | 55 COMMENTAIRES
Militant ou Militaire : La mort programmée de l’activisme LGBT (MaJ)
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L’activisme LGBT et même, plus largement, le militantisme en général est-il en train de mourir ? C’est la question que certaines personnes se posent. Après la loi Taubira, les homos ne s’intéressent plus aux droits des LGBT, dit-on. Mes amis activistes disent que les homos sont devenus mous. Pour ma part mon opinion est différente, très différente…

L’activisme Violent : Une nécessité contre la loi.
Il n’est pas question pour moi de dire que l’activisme violent des années 1970 était inutile. Je connais trop bien l’Histoire, pour savoir que les luttes violentes sont souvent nécessaires. Stonewall était un événement capital, les actions du FHAR étaient salutaires.
A l’époque, dans les années 1970 et 1980, les lois étaient répressives. L’homosexualité était un tabou, et les médias n’en parlaient pas. Les militants LGBT devaient donc avoir des actions fortes qui attirent l’attention de ces médias qui les ignoraient copieusement. A la suite de nombreuses action « coup de poing » les médias mettront finalement ces luttes en avant. Or, les médias dominants dictent aux politiques les sujets sur lesquels ils doivent prendre position. Si en ce moment, le sujet est l’immigration, à l’époque c’était les droits des homosexuels. Le PS va prendre le pouvoir en 1980 et appliquera son programme en cette matière, calmant pour un temps les revendications des organisations LGBT. Cependant l’arrivée du VIH ravivera les vieilles blessures, et on assistera à la formation d’Act-Up Paris en 1989. Depuis, et avec le temps, les politiques modifieront peu à peu la législation.

Pourtant, dans cette histoire, on trouve un grand absent : le citoyen. Entre les médias, les politiques, et les organisations LGBT, le citoyen reste absent. Les associations LGBT dialoguent avec les hommes politiques et les médias. Dans le processus de décision législative, le citoyen est ignoré. La conséquence directe de cette négation démocratique, est la suivante : La loi avança, mais les opinions des citoyens sur les homosexuels, stagnaient.
En 2012, lors du débat sur le « Mariage Pour Tous », on révéla que 50% de la France refusait le mariage aux couples de même sexe, et la « Manif’ Pour Tous » remporta un franc succès. Les militants LGBT furent surpris par ces vastes manifestions, l’opinion des français sur les gais n’évoluaient que très, très lentement. En réalité, c’était prévisible. Les associations LGBT, toutes ces années, n’agissaient pratiquement que sur les personnes publiques, oubliant la société civile. La loi avança encore, contre l’opinion de plus ou moins 50% des français.

Le militant : Celui qui hurlait.
Dans une société ultra-pacifiée comme la notre, le militant apparait comme naturellement violent, et je pense qu’il l’est. La violence verbale ou physique apparait chez les syndicalistes, les militants politiques, les militants LGBT et autres. Cette violence, elle était utile et légitime dans les années 1970 et 1980, elle était nécessaire contre la répression ouverte, et contre les lois liberticides. Mais aujourd’hui, le problème, ce n’est plus les lois, mais les citoyens qui stagnent sur leurs opinions.
Aujourd’hui, les militants sont devenus des inquisiteurs accusant les uns et les autres d’avoir des opinions homophobes ou transphobes. Peut-être est-ce vrai qu’ils sont transphobes, mais l’accusation est inutile. Les opinions et les préjugés, les personnes n’en sont pas responsables, c’est le fruit d’une socialisation et d’une éducation. Spinoza nous enseigne, sociologie à l’appui, que les opinions politiques ne sont pas des choix. La vie forge vos goûts comme vos opinions. Or, une association LGBT pourrait intervenir dans la vie d’un homophobe pour l’instruire de manière calme et apaisée, pour ainsi créer un dialogue, mais celle-ci préférera généralement la logique va-t-en-guerre à la BHL. Ces accusations empêcheront le dialogue.

Militants, Vous Êtes Vieux
Le temps des associations accusatrices et des actions violentes est fini. Ces associations étaient adaptées à un système médiatique qui est aujourd’hui mourant. Les jeunes regardent de moins en moins la télévision, et la presse papier se meurt. Le militantisme de demain ne sera pas Act-up. Aujourd’hui, l’homophobie sur Internet, n’est que la représentation d’un travail qui n’a jamais été fait par les militants de toutes ces associations. Un travail sur la société civile, un travail intime, d’éducation populaire, de dialogue et de calme. Le peu de progrès que nous avons dans ce domaine, c’est grâce aux interventions dans les écoles.
Le militantisme de demain, c’est Pouhiou qui fait une vidéo contre l’homophobie qui parle de sa vie. C’est GingerForce, une féministe qui explique sa vie d’ancienne femme violentée. Le militantisme de demain, c’est le partage d’expérience, sans colère, sans haine, mais pour comprendre, pour expliquer.

Militants, Activistes, vous êtes vieux. Vos actions changeaient les lois, les nôtres changeront les gens. Nous agissons encore mais nous n’avons pas besoin de la validation des médias. Nous expliquons, nous comprenons, nous apprenons, nous parlons, sans accusations, sans insultes, dans notre coin. Nous ne sommes plus en colère, c’est grâce à vos combats. Mais, aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de militaires et de guerriers, nous avons besoin de docteurs et d’hôpitaux. Le monde change, le militantisme doit s’adapter ou mourir…

Par soucis de démocratie, vous trouverez une réponse a l’article : ICI et une autre ICI

Je rappelle que mon article est spinoziste, je n’accuse personne d’être idiot ou volontairement violent dans ces propos. J’essaye d’offrir une analyse moderne des méthodes militantes. Je n’en veux pas plus à Act-up (qui n’est qu’un exemple emblématique) qu’aux autres, je pense juste que leurs méthodes sont aujourd’hui inefficaces. Le régime de la responsabilité n’existe pas chez moi concernant les militants, peu importe l’origine. Pour mieux comprendre la doctrine spinoziste (résumé), c’est ici.

Quelques précisions sur l’article :
-Le nom d’Act-Up est un exemple (cité une fois dans l’article), j’ai choisi cette exemple car cette organisation est représentative de ces associations qui font des coups médiatiques. Je n’attaque absolument pas les associations d’aide comme Le Refuge, et félicite même Act-Up pour ses actions de médiation. Cependant les gens ne retiennent que les coups médiatiques et en dehors de ces coups, pour les hétéros, ces associations n’existent pas.
-L’affaire Hayange/Couleurs Gaies et mentionné dans les commentaires ci-dessous où j’admets mon erreur (Sur le nom de l’assoc qui n’était pas act-up, ceci dit les faits restent les mêmes et l’article condamne les méthodes). (et ne fait pas partie de l’article)
-Je n’ai pas choisi de sondage précis car, sur la durée du débat sur le mariage, les chiffres des sondages se contredisaient tous. On était a 60% au début et 48% vers la fin… J’ai choisi 50% car ça me semblait représentatif de l’idée générale des sondages.
-Pour appuyé mon propos sur la violence des militants voici un des derniers commentaires :  »Ah, bah le voilà le coming out homophobe, cool. »
-Je m’excuse de prendre Valentin comme exemple (au demeurant, nous sommes en désaccord sur tous les sujets, mais on dialogue…), j’ai plus confiance dans une personne qui me parle calmement, que dans une personne qui me dit sectaire (j’ai publié toutes les réponses et tous les commentaires ne contenant pas d’insulte personnelle alors sectaire…) Visiblement l’homophobe d’extrême-droite (que j’ai engueuler pour l’affaire des moustaches) arrive a avoir un dialogue avec une personne qui n’est pas d’accord avec lui, a l’inverse de certains militants.
-Le terme Angry-Citizen, titre de ce blog, est ironique, puisque je ne m’énerve jamais. D’où la description qui ne correspond pas au titre 😉 Enfin j’imagine que tous les titres de blog sont toujours cohérents…

Enfin, aux gens qui me traitent d’homophobe, je clarifie ma position : Je suis un militant LGBT, je fais notamment un travail fouillé sur le sujet dans le milieu du jeu vidéo (ce que la page jeu vidéo de Têtu n’a jamais fait !). Je suis chroniqueur dans une émission LGBT sur une radio locale. Je n’étais pas pour le mariage homos car, néo-marxiste, je suis contre le mariage en général. J’ai soutenu les trans-genre qui se scandalisaient du clip travelo, et a juste titre, alors que Yagg subissait une volée de commentaires transphobes (et j’en ai vu très peu venir soutenir…)
Je suis pour la PMA mais contre la GPA, car encore une fois, néo-marxiste, je pense que le marché contaminera la méthode de la GPA même si les rémunérations pécuniaires sont interdites. Je me considère comme féministe mais je ne prends pas ma part au combat mais le soutient, car je pense que les hommes (dont moi) pourraient chercher involontairement (effet sociologique) a voler le combat des femmes.(CF : exemple de la Marche contre le racisme / SOS racisme).
Ah et je suis écolo, souverainiste, pour une VIeme République, anti-capitaliste, structuraliste, spinoziste, et libriste. Je crois que la liste des -istes est terminée. 🙂

Insulté de manière personnelle d’homophobe, et de sectaire, mon nom exposé publiquement alors que j’utilise un pseudo, et que ce n’est pas pour rien… Je pense que la démonstration est faite de qui est violent et de qui ne l’est pas. 😉 Mon article n’attaque que des structures, je n’attaque personne de manière privée, moi.

As De Pique.

Non classé | 08.09.2015 - 15 h 15 | 1 COMMENTAIRES
Cash Investigation : Il n’y a pas de démocratie française
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Hier, vers 23H, une nouvelle enquête de Cash Investigation, l’émission d’enquête d’Elise Lucet, était diffusée. Le « clash » entre Madame Lucet et Rachida Dati, faisait déjà la Une depuis une semaine sur les réseaux sociaux. Pourtant ce clash en dit long sur la soi-disant démocratie française…

 Elise Lucet : Une journaliste agressive ?

A la suite du fameux clash, le médecin de Rachida Dati déclarait celle-ci en état de choc émotionnel. De nombreux commentaires, notamment sur le site du Figaro, reproche à Elise Lucet d’être agressive. En premier lieu, une pensée pour toutes les femmes qui sont véritablement victimes d’agression, et qui seront heureuses de savoir qu’empêcher une journaliste de poser des questions en faisant appel à une armée de vigile peut constituer un comportement agressif de la part de la dite journaliste.
En deuxième lieu, Elise Lucet essaye d’éviter les clashs de ce genre au maximum. Ses interviews sur le sujet, le confirment. De plus, les entretiens se passent la plupart du temps dans des lieux privés, sur rendez-vous, il suffit de voir l’émission. Les clashs se produisent généralement dans des lieux publiques, où la personne ne peut se soustraire aux questions. Cette méthode est utilisée en dernier recours, quand toutes les autres voies ont été employées, sans succès.

Rachida Dati : La démocratie facile…(ou pas ?)

La réaction dont il convient de faire l’analyse, dans cet échange musclé entre les deux femmes, c’est celle de l’eurodéputée et ancienne ministre Rachida Dati.
La première chose, c’est le mépris social. Apparemment, Rachida Dati n’aime pas les gens qui sont inférieurs à elle, dans l’échelle sociale. La phrase « Quand je vois votre carrière… » en dit long sur l’opinion que l’eurodéputée doit avoir de la classe moyenne et de la classe populaire française. Sachant que celles-ci forment la majorité des élécteurs, vous serez heureux de savoir que votre eurodéputée vous méprise, et trouve votre carrière « pathétique ».
Le second problème dans le comportement de Rachida Dati, est en fait, symptomatique de l’état totalement oligarchique de notre République Française. En refusant de répondre aux questions d’Elise Lucet sur les possibles conflits d’intérêts avec GDF, Rachida Dati refuse de répondre aux français. Hors, dans une véritable démocratie, nous nommons des serviteurs de la volonté populaire. En démocratie le peuple est souverain, et les élus exécutent la volonté du peuple souverain. Rachida Dati doit donc rendre des comptes devant le peuple car elle exécute sa volonté. Hors, elle s’y refuse catégoriquement, car elle ne considère pas qu’elle a des comptes à rendre. Rachida Dati démontre simplement que nous ne sommes pas en démocratie, et que les élus sont libres d’agir sans le moindre contre pouvoir populaire.
Ce n’est pas la première fois qu’un comportement semblable est visible dans le milieu politique. Nos hommes et femmes de pouvoir, sont, aujourd’hui, incapables d’integrer les notions basique de démocratie. Ils jouissent du pouvoir avec une moindre responsabilité, et leurs erreurs et leurs conflits d’intêret ont des conséquences mineurs sur leurs carrières. Ils refusent de répondre aux questions des journalistes sur les sujets capitaux. A l’heure de la transparence, comme de la surveillance de masse, la question de la démocratie et du comportement des élus doivent être posées sérieusement. Le réferendum d’initiative populaire serait, par exemple, une idée, pour rapeller aux élus que ceux sont les citoyens qui, dans une démocratie, dirigent, pas les élus.

Actu | Culture | politique | 09.07.2015 - 14 h 28 | 0 COMMENTAIRES
Frédéric Lordon – Le Crépuscule d’Une Epoque
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Le Monde Diplomatique héberge le blog de l’économiste, philosophe et chercheur au CNRS, Frédéric Lordon. Il revient aujourd’hui sur la victoire de la Grèce et les réactions des éditorialistes. Une charge violente contre ceux qu’il faut mettre à la décharge de l’Histoire.
Frédéric Lordon est l’auteur de nombreux ouvrages dont « La Malfaçon », »Capitalisme, Désir et Servitude : Marx et Spinoza » ou encore « D’un Retournement l’Autre »

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C’est une photo comme il y en a des milliers, certaines sympathiques, d’autres grotesques : un selfie. Deux ahuris font un selfie, regards béats et satisfaits. Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Ils sont visiblement très contents de leur coup, « on va le mettre sur Twitter pour les faire chier ». Arnaud Leparmentier et Jean Quatremer. On est jeudi 2 juillet, jour de manifestation de solidarité avec le peuple grec. Il y a une légende à la photo : « Ça va Bastille ? Nous on est rive gauche ».

En fait, oui, ça va, pas mal même. Et vous ?

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Une victoire électorale, fut-elle massive, n’a par soi aucun vrai pouvoir de dessillement du camp d’en face, ni d’endiguement des contre-vérités. On n’attendra donc pas des deux ahuris au selfie qu’ils renoncent à leurs scies préférées : « les contribuables européens ne veulent pas payer pour les fonctionnaires grecs » ; « et si la Grèce fait défaut, ce sont les retraités slovaques et allemands qui paieront pour eux » — soit le bon sens à front de bœuf.

Les contribuables européens ne payent pas pour les fonctionnaires grecs. Ils payent pour les épargnants européens. Car c’est une tuyauterie financière désormais entièrement circulaire qui prête aux Grecs pour qu’ils remboursent les créanciers — de ces euros-là qui circulent sous leur nez, les Grecs ne voient pas la couleur. Les contribuables européens ont d’abord payé pour la reprise publique des titres grecs détenus par les banques privées — un grand classique. Maintenant ils payent directement pour eux-mêmes — enfin certains pour d’autres. On progresse…

 » Voir aussi « Comment sauver vraiment la Grèce », Le Monde diplomatique, juillet 2015, en kiosques. »Ils payent surtout en conséquence une des plus colossales erreurs de politique économique de l’histoire, inscrite il est vrai dans les traités européens et engendrée de leur fonctionnement quasi-automatique : forcer le retour vers les 3 %-60 % en pleine récession, a conduit à la destruction d’une économie, ni plus ni moins : 25 % de PIB en moins, 25 % de taux de chômage, tout le monde connaît ces chiffres qui sont désormais entrés dans l’histoire. Le plus étonnant, mais en réalité c’est un signe d’époque, c’est l’incapacité de ces données pourtant massives, données d’une faillite intellectuelle écrasante, à désarmer l’acharnement et déclencher le moindre processus cognitif de révision. Leparmentier et Quatremer continueront donc soit de soutenir que les traités n’y sont pour rien, soit de maintenir qu’il s’agissait de la seule politique possible, soit d’assurer que pour notre bonheur ça n’était pas seulement la seule possible mais la meilleure. Soit de regarder ailleurs — les fonctionnaires grecs. Autisme et quasi-racisme (car il faut voir ce que depuis 2010 ces deux-là auront déversé sur « le Grec »). Bellicisme aussi d’une certaine manière, pour ceux qui n’ont que « l’Europe de la paix » à la bouche mais s’acharnent à jeter les uns contre les autres Grecs et « Européens » (les autres) — « contribuables européens » contre « fonctionnaires grecs », ou quand l’aveuglement idéologique n’hésite plus à répandre la discorde pour se donner libre cours : si le contribuable européen veut obtenir justice, qu’il la réclame au fonctionnaire grec. Eh bien non : si le contribuable européen veut obtenir justice, qu’il la réclame à ses gouvernants qui, « en son nom », ont pris la décision éclairée de le charger pour sauver les banques, et puis de charger la Grèce en s’adonnant à la passion macroéconomique des traités.

En matière de passions, Leparmentier et Quatremer n’ont pas que celle des contribuables : celle des retraités aussi (pourvu qu’ils ne soient pas grecs). « Qu’est-ce que vous dites aux retraités de Bavière si la Grèce ne rembourse pas ? » demande Leparmentier à Piketty qui répond à base de grande conférence sur la dette en Europe [1]. On pourrait répondre aussi que si les Bavarois avaient une retraite entièrement par répartition, cette question n’aurait même pas lieu d’être. On pourrait répondre que c’est bien ce qui arrive quand depuis des décennies on fait le choix de faire passer le financement de toutes les activités sociales — retraites, études universitaires, bientôt santé, etc. — par les marchés de capitaux, ce fléau voué à toutes les catastrophes. Et que, là encore, ça n’est pas « aux Grecs », mais à tous les gouvernants qui ont pris ce parti de la financiarisation qu’il faut s’adresser. Ou bien accepter que la retraite confiée aux marchés, ça fait… comme les marchés : ça va, ça vient, un mauvais investissement et c’est le bouillon. On pourrait d’ailleurs, et enfin, répondre qu’on n’a pas le souvenir d’avoir vu Leparmentier prendre fait et cause pour les retraités de la capitalisation lorsque les marchés d’actions se sont effondrés au début des années 2000, et toute la finance dans un bel ensemble en 2007-2008, au passage pour des pertes autrement considérables que celles qui suivraient d’un défaut grec — mais il est vrai qu’il n’y avait alors ni fonctionnaires grecs ni gouvernement de gauche à incriminer.

***

Et maintenant que peut-il se passer ? L’« alternative de la table » est-elle dépassée si peu que ce soit ?

De 2005 à 2015, si l’on fait bien les comptes, on jouit une fois tous les dix ans. C’est bon à proportion de ce que c’est rare — avouons les choses, imaginer la tête des ahuris au selfie (et de tous leurs semblables) est spécialement délectable. Mais tout ceci n’implique pas de céder complètement à l’ivresse. Il n’y a rien de significatif à gagner dans la négociation avec la troïka. Le scénario le plus avantageux est donc celui d’une reprise de négociation d’où sortiront quelques concessions de second ordre — diminution de la décimale du surplus primaire exigé, licence laissée au gouvernement grec d’organiser l’ajustement budgétaire comme il l’entend (et non sous la menue dictée de la troïka), promesse éventuelle d’une discussion sur la restructuration de la dette (en étant vraiment très optimiste).

C’est qu’il y a des raisons sérieuses à ce que rien de plus ne puisse être obtenu. On les connaît. L’Allemagne en fait partie. Qu’entre Sigmar Gabriel et Martin Schulz, la réaction du Parti social démocrate (SPD) ait été encore plus violente que celle d’Angela Merkel pourrait peut-être finir par faire apercevoir de quoi il y va vraiment dans la position allemande. Les principes d’orthodoxie dont l’Allemagne a exigé l’inscription dans les traités sont l’expression d’une croyance monétaire transpartisane et pour ainsi dire métapolitique – en amont des différenciations politiques. Elle n’est pas une affaire d’« idéologie politique » au sens ordinaire du terme, c’est-à-dire de quelque chose qui ouvrirait la perspective d’un retournement possible à échéance électorale, mais une construction symbolique de longue période qui donne leur cadre commun aux alternances.

C’est dire combien la thèse de l’« Allemagne de Merkel », cette argutie de raccroc pour tous les Bernard Guetta, faux appel à la patience d’une future « Europe social-démocrate » [2] quand le débris qu’est la social-démocratie européenne est entièrement passé à droite, c’est dire combien cette thèse était promise — par bêtise ou par cécité volontaire ? — à ne rien comprendre à ce qui se passe en Europe, et surtout à ce qui ne pourra jamais s’y passer, en tout cas dans sa configuration actuelle.

Ce qui ne pourra jamais s’y passer c’est qu’un pays, qui plus est du Sud, prétende s’être soustrait aux principes — le thème récurrent de tout le commentaire allemand sur la Grèce, c’est la règle enfreinte. Que cette règle ne convienne qu’à l’Allemagne, qu’elle soit la sienne même, que partout ailleurs ou presque son application forcenée ait tourné à l’un des plus grands désastres économiques de l’histoire européenne, rien de ceci ne produira le moindre bougé — et jusque dans les autres pays, notamment la France, en état de stupéfaction fusionnelle avec l’Allemagne, hommes politiques pour qui le « couple franco-allemand » est devenu un intouchable fétiche auquel tout sera aveuglément sacrifié, experts ressassant le catéchisme ordolibéral (dont même les économistes américains se tapent sur les cuisses qu’on puisse être bête à ce point de le prendre au sérieux), éditorialisme du gramophone.

C’est bien ici en tout cas que s’avèrera la malfaçon européenne. Le peuple allemand vit à sa manière la chose monétaire. C’est son droit le plus absolu. Mais il a choisi d’imposer sa manière à tous les autres. Et les problèmes ne pouvaient qu’apparaître. Après cinq ans d’épuisement, et même de persécution économique, le peuple grec vient de dire que cette manière, il n’en voulait plus. Ce sera donc manière contre manière, et voilà pourquoi l’« alternative de la table » se trouve reconduite à l’identique — aux concessions cosmétiques près dont on fait les communiqués de victoire des deux bords.

 » Voir le dossier « L’Allemagne, puissance sans désir », Le Monde diplomatique, mai 2015. »Il ne faut pas douter en effet de la réponse que donnerait l’électorat allemand s’il était consulté, sans doute d’autres avec lui, mais lui tout spécialement. Au lendemain du « non » grec, les incompatibilités européennes sont maintenant aiguisées à un point qui réduit à très peu l’espace des compromis, et ne permet plus du tout d’exclure par exemple que le Parlement allemand, écrasante majorité sociale réunie derrière lui, rejette tout nouvel accord de l’Eurogroupe. Le référendum de Tsipras avait évidemment (aussi) à voir avec la préservation de sa coalition. Le refus de Merkel procédera des mêmes mobiles – auxquels il n’y a pas grand-chose à redire : à un certain moment les hommes politiques sont rappelés aux nécessités de leur politique nationale, celle qui les a mis là où ils sont.

Comme toujours la chasse aux lièvres sera ouverte et l’on verra le commentaire se précipiter avec passion sur toutes les fausses pistes : l’irresponsabilité des uns, l’égoïsme des autres, le défaut de solidarité de tous. Soit le fléau du moralisme. Car le moralisme est bien cette pensée indigente qui rapporte tout aux qualités morales des acteurs sans jamais voir ni les structures ni les rapports : rapports de force, de convenance ou de disconvenance, de compatibilité et de viabilité. On ne compose une totalité collective viable que si l’on met ensemble des parties qui entretiennent entre elles des rapports de compatibilité minimale. Et si cette compatibilité tombe sous un certain seuil critique, alors la totalité — tautologiquement — court à la décomposition. Le rapport entre la croyance monétaire allemande et les blocs d’affects de certains autres peuples européens est en train d’atteindre ce seuil. L’incompatibilité, restée masquée tant qu’un environnement macroéconomique pas trop défavorable permettait de tenir à peu près les objectifs, était vouée à devenir criante au premier point de crise sérieuse. Depuis 2009, nous y sommes.

Le droit des Allemands de ne pas vouloir voir enfreintes les règles auxquelles ils tiennent par-dessus tout est finalement aussi légitime que celui des Grecs à ne pas être précipités aux tréfonds de la misère quand on les leur applique. C’est donc d’avoir imaginé faire tenir ensemble durablement ces deux droits sans penser aux conditions où ils pourraient devenir violemment antagonistes qui était une mauvaise idée. Ou alors il faut disposer des institutions qui rendent un peu plus compatibles les incompatibles, par exemple une union de transfert, sous la forme d’une (très significative) assurance-chômage européenne — le rapiéçage minimal quand, par ailleurs, tant de lourds problèmes demeureraient. Ceci en tout cas n’a rien d’une question de morale, c’est une question de structures, capables ou non d’accommoder des forces politiques centrifuges au sein d’un ensemble mal construit, et menacé d’une perte complète de viabilité pour n’avoir pensé aucune régulation de la divergence. Si l’Allemagne ne veut pas entendre parler d’annulation d’une (part de) dette qui ne peut qu’être annulée, il s’en suivra logiquement l’éclatement de la zone euro.

Et par tous les bouts. Car il ne faut pas s’y tromper : si d’aventure il se formait une coalition d’Etats-membres pour soutenir cette annulation, et plus généralement une réforme d’ampleur des principes monétaires de la zone, c’est l’Allemagne, éventuellement accompagnée de quelques semblables, qui menacerait de prendre le large, au nom de la défense de ses irréfragables principes — Gerxit et non Grexit, l’hypothèse constamment oubliée.

***

Il ne faut donc pas se tromper dans l’appréciation de la portée de l’événement oχi. Il est des plus que douteux que le gouvernement Syriza obtienne davantage que des concessions marginales — dont il lui appartiendra de faire comme il peut une présentation triomphale… Mais ça n’est pas ainsi qu’il faut juger de l’événement, car c’est un ébranlement d’une tout autre sorte qui s’est produit dimanche 5 juillet. L’ébranlement d’un peuple entier entré en rébellion contre les institutions européennes. Et l’annonce d’un crépuscule — donc aussi d’une aube à venir.

Ce qui s’est trouvé enfin condamné et appelé à l’effacement historique sous cette poussée d’un peuple, c’est une époque et ses hommes. Nous allons enfin entrer dans l’agonie de l’économicisme, cette dégénérescence de la politique, une vocation à la non-politique qui, comme de juste, ne cesse pas de faire de la politique — de même que la « fin des idéologies » est le dernier degré de l’idéologie —, mais de la pire des façons, au tréfonds d’un mélange de mensonge et d’inconscience. Seuls de grands cyniques étaient capables de voir que le règne gestionnaire, la réduction économiciste de tout, qui se targuent de préférer l’administration des choses au gouvernement des hommes, comme l’auront répété en boucle tout ce que le néolibéralisme a compté d’idiots utiles, seuls de grands cyniques, donc, étaient capables de voir qu’il y avait dans cette profession de foi anti-politique la plus sournoise des politiques.

Quitte à être du mauvais côté de la domination, il faut regretter qu’il n’y ait pas plus de cyniques. Eux au moins réfléchissent et ne se racontent pas d’histoires — ni à nous. On leur doit l’estime d’une forme d’intelligence. Mais quand les cyniques manquent ce sont les imbéciles qui prolifèrent. Le néolibéralisme aura été leur triomphe : ils ont été partout. Et d’abord au sommet. Une génération d’hommes politiques non-politiques. Le pouvoir à une génération d’imbéciles, incapables de penser, et bien sûr de faire de la politique. Le gouvernement par les ratios est le seul horizon de leur politique. On comprend mieux le fétichisme numérologique qui s’est emparé de toute la construction européenne sous leur conduite éclairée : 3 % [3], 60 %, 2 %. Voilà le résumé de « l’Europe ». On comprend que ces gens soient réduits à la perplexité d’une poule devant un démonte-pneu quand survient quelque chose de vraiment politique — un référendum par exemple. La perplexité et la panique en fait : la résurgence des forces déniées est un insupportable retour du refoulé. Qu’il y ait des passions politiques, que la politique soit affaire de passions, cela n’était pas prévu dans le tableur à ratios. Aussi observent-ils, interdits, les événements vraiment politiques : la quasi-sécession écossaise, les menaces équivalentes de la Flandre ou de la Catalogne — le sursaut grec, évidemment. Le choc de l’étrangeté est d’ailleurs tellement violent qu’ils s’efforcent spontanément de le recouvrir. Comme la guerre de Troie, les référendums n’ont pas eu lieu.

En une tragique prédestination à l’échec, c’est à cette génération qu’a été remise la construction européenne. On lui aura dû cette performance, appelée à entrer dans l’histoire, d’une monnaie unique sans construction politique — catastrophe intellectuelle typique de l’économicisme qui croit à la souveraineté de l’économie, et pense que les choses économiques tiennent d’elles-mêmes. Même leur réveil tardif, et brutal, est aussi pathétique que le sommeil épais d’où il les tire : « il faut une Europe politique ! » Mais le pyjama est de travers, le cheveu en bataille et les idées encore un peu grumeleuses. C’est qu’il ne suffit pas d’en appeler à une Europe politique pour qu’ipso facto elle advienne. La formation des communautés politiques n’est pas un jeu de Meccano. Comment fait-on vivre ensemble des idiosyncrasies hétérogènes ? Par quelles formes institutionnelles peut-on espérer réduire leurs incompatibilités ex ante ? Quelles sont les contraintes d’une économie générale de la souveraineté ? Quelles sont les conditions de possibilité d’acceptation de la loi de la majorité ? Sont-elles nécessairement remplies ? Et dans le cas présent ? Tiens, on va aller poser toutes ces questions à Michel Sapin.

« Comme un symptôme du degré ultime de soumission à l’ordre des choses qu’aura incarné la « social-démocratie », c’est en effet au Parti socialiste qu’on trouve les plus beaux spécimens de la catastrophe : Sapin donc, mais aussi Macron, Valls, Moscovici, et bien sûr, primus inter pares, Hollande. Les figures ahuries du gouvernement des ratios et, en temps de grande crise, les poules dans une forêt de démonte-pneu. Un cauchemar de poules. Il faut les regarder tourner ces pauvres bêtes, désorientées, hagardes et incomprenantes, au sens étymologique du terme stupides. Tout leur échappe. D’abord il y a belle lurette que les ratios ont explosé à dache, mais la vague angoisse qui les gagne leur fait bien sentir que c’est plus grave que ça : ça pourrait ne plus être une affaire de ratios… La pensée par ratios risque de ne plus suffire. Il faudrait refaire « cette chose… » : de la politique. « Mais comment faire ? Nous ne savons pas ».

On le sait qu’ils ne savent pas. Le pire, d’ailleurs, c’est quand ils font comme s’ils savaient. Qu’ils s’essayent à la « vision ». « Il faut que les jeunes Français aient envie de devenir milliardaires », voilà la pensée des ratios dans son effort de « prendre de la hauteur ». Les ratios en hauteur, ça donne ça : la vision civilisationnelle d’Emmanuel Macron. Voici les gens que nous mandatons pour nous conduire. Mais où peuvent-ils nous emmener si ce n’est au désastre — civilisationnel, précisément ? Comment imaginer que l’Europe à tête de bulot ait pu aller ailleurs qu’au naufrage ? Quelqu’un depuis vingt ans a-t-il éprouvé le moindre tremblement à un discours européiste ? Senti le moindre souffle ? Peut-on composer une épopée autre que grotesque lorsqu’on met bout à bout les odes à l’Europe sociale d’Elisabeth Guigou et de Martine Aubry, les bafouillements de Jacques Delors, les chuintements de Jean-Claude Juncker, les hystéries de Cohn-Bendit, les commercialismes de Lamy, les fulgurances charismatiques de Moscovici, et tant d’autres remarquables contributions à la chronique d’un désastre annoncé ? La vérité est qu’il suffisait de les écouter, ou plutôt de tendre l’oreille, en fait de percevoir l’absence de toute vibration, pour se pénétrer de la certitude de l’échec : une entreprise historique conduite par des gens de cette étoffe ne pouvait qu’échouer.

Il ne faut pas faire acception de cas singuliers : c’est bien une génération entière qui est en cause. La génération du néolibéralisme. Les autres pays ont les leurs, les mêmes : Barroso, Renzi, Monti, Zapatero, Verhofstadt, etc., tous ont été formés dans la même matrice, la matrice d’une époque. Comment l’économicisme néolibéral qui est une gigantesque dénégation du politique ne pouvait-il pas engendrer sa génération d’hommes politiques ignorants de la politique ? « Abandonnez ces sottises, regardez les ratios, ils ne sont ni de droite ni de gauche », on ne compte plus les décérébrés qui, répétant cet adage, auront cru s’affranchir de la politique, en faisant la pire des politiques : la politique qui s’ignore.

Et ceux-là auront été partout, pas seulement sous les lambris. Car c’est tout un bloc hégémonique qui aura communié dans la même éclipse. A commencer par ses intellectuels organiques, si vraiment on peut les appeler des intellectuels puisque, de même qu’il a fait dégénérer les hommes politiques, le néolibéralisme n’a produit que des formes dégénérées d’intellectuels : les experts. Et forcément : l’économicisme néolibéral ne pouvait se donner d’autres « intellectuels » que des économistes. Les dits think tanks auront été la fabrique de l’intellectuel devenu ingénieur-système. A la République des Idées c’était même un projet : en finir avec les pitres à chemise échancrée, désormais le sérieux des chiffres — la branche universitaire de la pensée des ratios.

Et derrière eux toute la cohorte des perruches — les journalistes. Fascinés par le pseudo-savoir économique auquel ils n’ont aucun accès de première main, ils ont gravement répété la nécessité de commandements économiques auxquels ils ne comprennent rien — de la même manière, on peut le parier, que, têtes vides, ils se la laisseront remplir par le nouvel air du temps et soutiendront exactement l’inverse dès que les vents auront tourné.

Il faut déjà les imaginer perturbés et angoissés par le conflit renaissant des autorités, comme des enfants devant la dispute des parents. Car on entend des économistes dissonants — si ce ne sont que des hétérodoxes, ça n’est pas trop grave. Mais il y a aussi ces prix Nobel qui disent autre chose — c’est tout de même plus sérieux. Pire encore, de l’intérieur même de la curie, du dissensus se fait entendre : des économistes du FMI suggèrent mezza voce qu’il aurait pu y avoir quelques erreurs… du FMI, une sombre histoire de multiplicateur [4], mais on comprend bien que l’édifice doctrinal n’était pas, comme on le croyait, en marbre de Carrare. Que le monde ait été plongé en plein chaos en 2008, que des pays européens se tapent des descentes façon Grande Dépression années trente, non, cela ne pouvait avoir aucun effet sur les perruches, tant que la volière restait bien arrimée : ouvrir les yeux pour s’interroger ne sert à rien puisqu’il suffit d’écouter les réponses qui font autorité. Mais quand l’autorité commence à se craqueler, et que le clou menace de céder ?…

Pour l’heure il tient encore. On dépayse la volière et les perruches prennent le chemin d’Aix-en-Provence, où l’on va se réchauffer, et se rassurer, entre soi. On reviendra dûment regonflé en répétant les éléments de langage avec d’autant plus de conviction qu’ils ne sont pas reçus comme des éléments de langage mais comme des évidences qui parlent d’elles-mêmes : réforme, ne-pas-dépenser-plus-qu’on-ne-gagne (enfin-c’est-élémentaire), la-dette-qu’on-va-laisser-à-nos-enfants. Et puis pour les plus doués, ceux qui sont en classe supérieure : archéo-keynésianisme. C’est Emmanuel Macron qui le dit, et comme nous l’avons vu, c’est quelqu’un. Evidemment la perruche ignore cette phrase de Keynes, à qui ce serait faire insulte que de le mettre en simple comparaison avec Macron, cette phrase qui dit qu’il n’est pas de dirigeant politique qui ne soit l’esclave qui s’ignore d’un économiste du passé. C’est peu dire que Macron fait partie de ces esclaves inconscients et ravis. Et pour cause : il ne connaît même pas son maître. On va le lui indiquer. Son maître s’appelle Pigou. Une espèce d’Aghion de l’époque qui a si bien plaidé la cause de l’ajustement par les marchés que Hoover, Brünning et Laval ont dans un bel ensemble précipité leurs économies dans l’effondrement de la Grande Dépression. Emmanuel Macron, qui a appris à l’ENA l’économie dans la même version que son président l’histoire — pour les Nuls — ronronne de contentement en s’entendant dire « archéo-keynesien ». Et les perruches caquètent de joie tout autour. Le problème c’est qu’il est, lui, paléo-libéral. Et qu’il ajoute son nom à la série historique des années trente.

Et puis il y a l’élite : les twittos à selfie. Même au milieu des ruines fumantes de l’Europe effondrée, eux ne lâcheront rien : ce sera toujours la faute à autre chose, les Grecs feignants, les rouges-bruns, la bêtise des peuples, l’erreur, quand même il faut le dire, de trop de démocratie. Mais tous les systèmes ont leurs irréductibles acharnés et leurs obturés du jusqu’au bout.

Têtes politiques en gélatine, experts de service, journalisme dominant décérébré, voilà le cortège des importants qui aura fait une époque. Et dont les réalisations historiques, spécialement celle de l’Europe, seront offertes à l’appréciation des temps futurs. Il se pourrait que ce soit cette époque à laquelle le référendum grec aura porté un coup fatal. Comme on sait, il faut un moment entre le coup de hache décisif et le fracas de l’arbre qui s’abat. Mais toutes les fibres commencent déjà à craquer. Maintenant il faut pousser, pousser c’est-à-dire refaire de la politique intensément puisque c’est la chose dont ils ignorent tout et que c’est par elle qu’on les renversera.

L’histoire nous livre un enseignement précieux : c’est qu’elle a des poubelles. Il y a des poubelles de l’histoire. Et c’est bien. On y met les époques faillies, les générations calamiteuses, les élites insuffisantes, bref les encombrants à oublier. Alors tous ensemble, voilà ce qu’il faudrait que nous fassions : faire la tournée des rebuts, remplir la benne, et prendre le chemin de la décharge.

Note du blog : « Je signale que les deux béats du début de l’article sont pour une part, payer par vos impôts. En effet, grâce à l’aide d’État à la presse, vous payez leur mépris social. Au demeurant, l’État français aussi a une dette, s’ils veulent qu’on rembourse, j’ai une idée pour faire moins de dépenses… »

Le texte est disponible, en version d’origine, ici.

Actu | Culture | Perso | politique | 06.07.2015 - 15 h 48 | 1 COMMENTAIRES
Petite Histoire : Hillary Clinton et La Manif’ Pour Tous
Hilary win

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« Hier, je faisais la fête avec les Grecs. Pendant que Sarkozy hurlait des horreurs sur le peuple qui inventa la démocratie, moi j’étais en train de rire avec les #OXI, quand tout d’un coup… »

Je n’étais pas particulièrement pour le Mariage Pour Tous, je considère le mariage comme une prison et le couple traditionnel comme un monolithe inepte et inerte. Néanmoins, le discours de la Manif’ Pour Tous, dont l’ethnologie et la sociologie nous disent, qu’il est totalement aberrant, m’a fait prendre les armes dans les derniers mois du combat.
C’est à la même période que je me suis inscrit sur Twitter. Conséquence directe de tout ça, et suivant le dicton qui dit qu’il faut être « proche de ses amis, et plus encore de ses ennemis » : j’ai fait le choix de suivre Xavier Bongibault, égérie gay de LMPT, dont le CV en terme d’erreurs factuelles et de « point Godwin » est aussi long que la liste des morts de la Première Guerre Mondiale.
Et donc hier, je faisais la fête avec les Grecs. Pendant que Sarkozy hurlait des horreurs sur le peuple qui inventa la démocratie, moi j’étais en train de rire avec les #OXI, quand tout d’un coup…

Du coup…

Pourquoi je vous raconte ma vie ? A cause de l’histoire de cet enfant New-Yorkais qui postait, sur Facebook, un message qui, aujourd’hui, fait le tour du monde :  « Je suis homosexuel et j’ai peur pour mon avenir ». Moi, j’avais oublié cette fameuse Manif’ pour tous, qui disait qu’il fallait « protéger les enfants ». Ils ont les mêmes aux USA, des gens qui n’aiment pas les gays ou qui ne savent pas que la forme traditionnelle de la famille, n’est qu’une forme possible. (Emmanuel Todd en compte 16 types sur les terres eurasiatiques, au passage.)
Hillary Clinton soutenait ce gamin, comme Ellen DeGeneres, toutes les deux étaient pour le mariage gay. Pourtant, elles semblent soucieuses du bien-être d’un enfant dont elles ignoraient jusqu’ici l’existence.
A l’inverse, et en France, grâce à la chronique de Klaire Fait Grrr, « dans ton flux », j’ai découvert que les peluches produites pour la Manif’ Pour Tous étaient produites en Chine, dans des usines dont on soupçonnait la présence d’enfant-travailleurs.

Résumons cette belle histoire, les pro-mariage gay, qui ne prétendait pas particulièrement défendre les droits des enfants, réconfortent des enfants inconnus sur Facebook, pendant que la Manif’ Pour Tous, qui « protège l’Enfant », fait probablement  travailler des gosses en Chine.
J’ai comme l’impression que les gens de l’Avenir Pour Tous et Sens Commun (Groupe provenant de la Manif’ Pour Tous) sont quand même pas très cohérents, où juste des gros menteurs…

Actu | Associatif | Culture | politique | 22.06.2015 - 12 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Franck Lepage : « L’école fabrique des travailleurs adaptables et non des esprits critiques »
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Sarah Kilani s’illustrait, il y a quelques mois, en racontant la misère en Grèce, à travers son voyage. Aujourd’hui sur revue-ballast.fr, elle revient avec un entretien, un entretien avec le très apprécié Franck Lepage.

Franck Lepage est spécialiste de l’Éducation Populaire et de son histoire. Ancien membre de la SCOP le Pavé, il souhaite aujourd’hui créer l’Ardeur, pour créer un  mouvement d’éducation plus alternatif.

L’intellectuel revient, dans cet interview sur l’école, sur la mort de la recherche pédagogique dans les années 80, et sur les intellectuels qui, faute de futur, s’évertuent à prier le passé.

Quelques extraits :
« Le système d’éducation descendant centré sur le maître, à la mode IIIe République, apparaissait comme non fonctionnel, comparativement. Mais tout ce courant novateur allait se refermer dans les années 1980, avec l’apparition du chômage. L’école allait très brutalement changer de cap pour devenir le lieu d’un fantasme des pouvoirs publics et des parents, selon lequel c’est à l’école de donner un emploi. »

« […]l’éducation populaire, telle que reconnue officiellement et mise sous forme associative, ne fait pas d’éducation populaire ! »

« […]à mon sens, Michel Onfray ne fait pas d’éducation populaire. »

Découvrez l’entretien avec Franck Lepage, ici !

Actu | Culture | politique | 10.06.2015 - 15 h 57 | 0 COMMENTAIRES
Génération Y : Des espoirs et des Questions.
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Je suis de la « génération Y », la génération « Why ? », la génération des questions sans réponses. Depuis quelques temps, je sens une indignation qui monte chez cette génération. Nous sommes filles et fils d’Internet, des jeux vidéos, des podcasts et des forums et Usul décide de s’adresser à nous.

Et ça fait du bien !

 

 

 

 

 

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